Guide de voyage en Tchétchénie, dans le Caucase russe

Guide de voyage en Tchétchénie, dans le Caucase russe

Tchétchénie

Dernière mise à jour : 19/12/2022

La tristement célèbre Tchétchénie (en Russe Чечня) est la plus populaire des républiques du Nord Caucase du fait de ses guerres successives dans les années 1990 et de sa large diaspora en Occident.

La guerre est finie et la région a bien plus à offrir aux voyageurs curieux que des villes en ruines et du tourisme d’après guerre.

Découvrez la Tchétchénie, son peuple des plus accueillant, sa culture unique et ses villages hors des sentiers battus au milieu des montagnes du Caucase.

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Informations générales

  • Capitale : Grozny (Грозный)
  • Population : Environ 1 400 000 habitants
  • Langues : Tchétchène et Russe. À Grozny vous trouverez beaucoup plus facilement des gens qui parlent anglais que dans les républiques voisines. Les gens se feront aussi un plaisir d’appeler en vidéo leur cousins ou oncles qui habitent en France ou en Belgique !
  • Religion : Islam Sunnite. Depuis les dernières guerres, des courants extrémistes comme le wahhabisme et salafisme sont apparus.
  • Code vestimentaire : Aucun. Mais si vous ne voulez pas trop vous faire remarquer, gardez en tête que les femmes sont toute habillées en robes et jupes aux genoux ou longues (c’est une question de féminité m’a t-on dit), avec souvent un foulard attaché derrière la tête et ces messieurs en noir pour beaucoup.
  • Du fait de certaines « règles religieuses », une tenue décente est préférable. On oublie donc les mini jupes et les shorts au dessus du genoux.
  • Visa : La Tchétchénie fait partie de la Fédération de Russie (si, si), il vous faudra donc un visa russe si nécessaire selon votre nationalité.
  • Meilleure période : Fin du printemps, été (il peut faire très chaud à Grozny) et automne
  • Argent : Si vous avez des Euros ou Dollars à changer, allez directement au marché « Berkat » (Рынок Беркат). À l’entrée, devant les portes vous verrez quelques messieurs dans la cinquantaine sur des chaises avec chacun une petite sacoche, ils changent directement sur place.
  • Alors non ce n’est pas légale, mais tout le monde les connait, ils ne vous arnaquerons pas, et vous aurez un bien meilleur taux de change qu’à la banque.
  • Frontière : Il n’existe aucun passage frontière légal vers la Géorgie. La zone frontière est militairement très surveillée, donc ne faites pas les malins. Pour rejoindre la vallée de Pankissi en Géorgie, ils vous faudra faire le détour via Vladikavkaz en Ossétie du Nord et le poste frontière de Verkhni Lars.

Postes de police sur les routes : Il y a un poste de contrôle sur la route principale à la frontière du Daghestan et de l’Ingouchie, plus un à la sortie de Grozny (vers l’Ingouchie). Vous n’êtes pas censé vous faire enregistrer à ces postes, mais s’ils vous le demandent, il pourrait y avoir des problèmes de sécurité dans la région. Demandez-leur c’est toujours utile.

Ils arrêtent les véhicules pour controler les papiers et/ou les voitures, mais ils peuvent également fermer les routes entre les républiques pour des raisons de sécurité.

Déportation : Les Tchétchènes n’ont pas étaient épargnés par Staline et Beria. Une opération baptisée « Tchétchévitsa » (Чечевица = lentille) en Février 1944 a déportée en quelques jours un demi-millions de Tchétchènes et d’Ingouches.

Accusés d’avoir collaborés avec les Nazis, hommes, femmes, enfants et vieillards ont étaient déportés dans les steppes du Kazakhstan en guise de punition. Un nettoyage ethnique et le nom de la République Socialiste Soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie rayée de la carte comme s’ils n’avaient jamais existé.

Ce n’est que sous Khrouchtchev en 1957, pendant la déstalinisation de l’Union Soviétique, qu’ils n’ont étaient autorisés à rentrer dans le Caucase.

Où dormir

Toutes sortes d’hébergements sont disponibles à Grozny, des auberges de jeunesse aux hôtels 5*. Dans le reste de la république de Tchétchénie vous trouverez des hôtels par ci par là, nottament à Argoun, Gudermes, Veduchi, au lac de Kezenoyam et à Nikhaloy.

Messieurs vous pourrez peut être vous faire inviter chez les habitants dans les villages des montagnes, mesdames voyageant en solo, ce sera plus difficile. Les gens ont peurs des « ont dit » et autres commérages.

Ça ne se fait tout simplement pas d’inviter une femme seule comme ça chez soi, seule, mais ce n’est pas impossible (ça met arrivée plusieurs fois, chez des couples d’age moyen et plus agés).

Transport

1500 kilomètres séparent Moscou de Grozny, environ 40 heures de train (Réservez sur le site officiel – actuellement inaccessible sans VPN et il est pour le moment impossible de réserver avec une carte Visa ou Mastercard à cause des sanctions. Des vols journaliers direct de 2h30 relient les deux capitales.

Vous pouvez vous déplacer en « marshroutka » (le mini bus collectif) entre les villes et villages de la république. Attention, parfois il n’y en a qu’un par jour, se renseigner sur place selon le village. L’autostop fonctionne aussi très bien.

Des marshroutkas et bus sont aussi disponibles pour aller à Magas, Nazran, Makhchkala et même Bakou.

Sécurité

En 2019 j’ai passée plusieurs semaines en Tchétchénie et la moitié de cette année là à voyager seule en autostop dans toutes ces républiques « déconseillées » du Nord Caucase.

Ceci n’est que mon point de vue de touriste étrangère, averties des potentiels risques, de l’histoire récente etc. Je ne travaille pour aucune ONG et je ne me considère pas comme une experte de la sécurité du Nord Caucase.

Je n’écris ceci qu’à but informatif. Pas une seule fois je ne me suis sentie en danger en Tchétchénie, je n’ai rencontré que des gens accueillants et très généreux. Il y a en effet beaucoup de police, soldats, postes de contrôles sur les routes, tout comme dans les républiques voisines.

Mes deux demande de permis frontières ont étaient refusées avec les raisons suivantes avancées : « parce que vous êtes étrangère » (raison incohérente puisque c’est justement pour ça que j’en faisais la demande … ) et « opérations anti-terroristes dans la zone frontière ».

Oui, il y a un risque en tant qu’Occidentale de tomber sur des extrémistes. Mais je considère le risque plus élevé de tomber sur des agents du FSB qui n’ont pas envie que vous veniez mettre le nez dans ce qui est LE sujet sensible du Caucase … Personnellement je n’ai rencontré que ces derniers.

Communauté LGBT : les république du Nord Caucase et beaucoup d’autres régions Russes ne sont pas des destinations LGBT+ friendly. Spécialement la Tchétchénie. Des ONG et autres organisations pour la défense des droits de l’homme ont dénoncés des actes homophobes même si Kadyrov a déclaré lui même « qu’il n’y avait pas de gays en Tchétchénie » ….

Vous le saviez sûrement déjà. Je sais ça craint, mais évitez de le dire, et évitez surtout les marques d’affections publiques avec votre partenaire.

Ces régions sont conservatrices et religieuses. Même pour un couple hétérosexuel, les marques d’affections publiques sont à éviter. Ça ne se fait tout simplement pas là bas.

À lire et à voir

Avis aux amateurs, ne vous prenez pas pour un journaliste en herbes. Grozny la capitale Tchétchène a été reconstruite, les gens ne vous parlerons pas de la guerre, ou très peu. Là bas, on évite le sujet, « les murs ont des oreilles » m’a t-on dit.

Dans toutes les familles il y a des blessures récentes, des morts, des réfugiés en Occident.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la Tchétchénie et plus particulièrement sur les deux guerres des années 90 et 2000, voici une liste de quelques livres et documentaires que je vous recommande :

Si vous avez des recommandations de livres ou films documentaires sur la région, n’hésitez pas à partager en commentaire !

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