Carnet de voyage : De Kaliningrad à la péninsule de Kola. Partie 3

Carnet de voyage : De Kaliningrad à la péninsule de Kola. Partie 3


Voici la troisième partie de mon voyage de Kaliningrad à Teriberka : la péninsule de Kola ou la région de Mourmansk.


Cliquez pour lire les précédentes :
partie 1 : Kaliningrad
partie 2 : la Carélie


Jour 15 : Kandalaksha et le FSB

3h20 du matin, je m’endors sur la couchette du haut en seconde classe koupé, compartiement pour femmes uniquement. Qui dit Péninsule de Kola dit mines en tout genre, je n’ai pas eu envie de me retrouver dans 3m² avec 3 bonhommes qui jouent à qui ronflera le plus fort.

Pour survivre à un voyage en train couchette de 12h en Russie il faut des boules quies, du café soluble Carte Noire Deluxe (26₽ la dosette au Pyatéroshka du coin de la rue, l’un des plus cher, l’un des moins dégeu), et un bon bouquin; à défaut, choisir une valeur sûre comme un Tesson.

Mes 2 compagnes de voyage qui rentrent de leur virée shopping annuelle à Saint Petersbourg finissent enfin, après des heures à papoter, par s’échanger leurs prénoms. Elles me donnent chacunes pleins de bons conseils : le numéro d’un chauffeur de mini bus privée, les alternatives à Yandex Taxi qui lui ne fonctionne pas à Kandalaksha etc. On passe le cercle polaire à 50 km/h aux petits sursauts des railles.

Accueil en grande pompes à Kandalashka : le FSB est venu me cueillir pile à la sortie de mon wagon. Un grand quadra à l’air aimable et aux yeux joyeux. Je ne m’y attendais tellement pas que j’en ai oublié d’oublier mon russe, mon accent et ma grammaire non-existente l’ont fait marrer. Il m’a emmené dans un petit bureau très sommaire à 20 mètres des rails; ils étaient 4 en tout : un très jeune qui fouillait mon téléphone, un trentenaire qui devait être le supérieur et posait toutes les questions, un qui faisait acte de présence et le dernier qui était venu me chercher au train en galère avec Google traduction. 30 minutes de questions en tous genres, ils étaient tous très cordials, on a bien rigolé et ils m’ont même proposé de m’emmener à mon hôtel en voiture (offre que j’ai déclinée).

Balade sur les bords de la mer Blanche avant le couché du soleil, la mer n’est blanche qu’en hiver quand elle est gelée et recouverte de neige. Il fait très frais, j’ai sorti toutes les couches les plus chaudes emportées dans mon sac : gants, bonnet, sous vêtements en merinos, gros pull en laine et coupe-vent. Ils sont loin les 25 degrès de Kaliningrad.

La côte est magnifique, la lumière de fin de journée sur la mer paisible est splendide !

Jour 16 : Interdiction formelle d’aller à Oumba

Hier le FSB m’a dit que je n’avais pas le droit de m’arrêter à Oumba, petit village Pomor sur les bords de la mer Blanche. J’ai, je cite, le « droit de traverser le village » en allant à Varzouga, (forcément, y’a qu’une seule route) mais pas de m’y arrêter. Il me faut une « autorisation spéciale » pour être dans le village et donc pouvoir visiter le musée.

Ce matin, après avoir découvert qu’il n’y avait des bus que deux fois par semaine pour Varzouga, et bien-sûr pas aujourd’hui ni demain, je décide d’y aller en stop. Résultat : je suis resté coincée 3 heures à la sortie du village interdit, téléphone éteint, en croisant les doigts que le FSB ne débarque pas. Les gens très sympas s’arrêtaient pour me demander où je voulais me rendre mais eux n’allaient pas loin : « Je vais au kholkoz, à 5 kilomètres de là » me dit un papi dans sa vieille Jigouli. J’ai fais 100 bornes depuis Kandalaksha pour me retrouver 30 ans dans le passé, en Union Soviétique.

Retour à Kandalaksha, adossé à un rocher sur la plage au soleil, j’envoie un mail de désespoir au FSB de Mourmansk; après tout, signer un papier n’a pas besoin de prendre un mois, ils feront peut-être un effort.

Je suis allé au Pyatérochtka du coin de la rue à défaut de trouver un vrai café; apparemment dans le Nord russe la machine à café automatique sert le café et on paye sur une caisse également automatique à part. Ils mettent ça en France, en 2 heures y’a plus que café et personne n’a payé. Nuit dans l’un des hôtels les plus kitch que j’ai vu de ma vie.

Jour 17 : Apatiti & Kirosvk

Je prends un train tôt pour Apatiti, dépose mon sac à l’hôtel, j’avais l’impression d’emmerder la réceptionniste … Marchroutka bondée jusqu’à Kirovsk ville minière et station de ski célèbre de la Péninsule de Kola. Je me souviens avoir visité un très bon musée il y a 9 ans, je veux le revoir. La ville est mieux que dans mon souvenir, au moins il fait jour. Quand je pense que les gens vont faire du ski là bas en hiver, dans le noir, ou plutot sous des spots géants qui éclairent les pistes …

Déjeuner dans un petit resto sympa, la serveuse était top, c’est tellement rare que j’en suis toujours étonnée quand ça arrive : pelmenis au renne sauce aux airelles, mousse à la mûres de l’Arctique en déssert et boisson mors à l’argousier. Tout était excellent, on mange bien dans le Nord !

Visite du musée des minéraux, y’a des cailloux de partout, ça brille, c’est beau, gratuit et bien expliqué, on en apprend beaucoup sur l’histoire des mines, voilà pourquoi ça m’avait tant plu la dernière fois.

Je passe la nuit à Apatiti, mon hôtel est miteux. La place du frigo est vide, je n’avais pas vu, du coup je mets mon dîner (salade Olivier et Médavoukha) au frais derrière la fenêtre en attendant de prendre une douche dans ma mini baignoire soviétique. Ma chambre a vue sur les montagnes Khibny aux cimes éneigées. On dirait les Highlands écossaises en novembre, c’est superbe !

Jour 18 : le chauffeur de bus m’a oublié

7h04, je saute dans un train Adler-Mourmansk (les deux extrèmes : de la mer Noire au climat subtropical à la mer de Barents en Arctique). Train de baboushkas, moyenne d’âge 70 ans. Elles doivent toutes revenir de longues balades dans les fôrets de Carélie, à côté de presque chaque couchette il y a des sceaux remplient d’airelles. La provodnitsa (qui a l’air de croire en mon bilinguisme) réveille gentiment un jeune sur la couchette supérieure, il ne réponds pas, elle le re-secoue en douceur telle une mère qui réveille son ado pour aller au lycée : « jeune homme, votre arrêt est dans une demi-heure »; il n’en a rien à foutre.

Arrivée en fin de matinée à Olénégorsk. Il tombe des cordes, j’attends mon bus pour Lovozero à 13h30 en buvant un jus de chaussette de la machine à café de la gare. 14h pas de bus en vue … le chauffeur m’a littéralement oublié. Il n’y a pas de gare routière en ville, mais un simple arrêt de bus/ une « stantsia »; si l’on veut que le bus nous récupère à la gare (de train) il faut téléphoner et en informer le chauffeur; bien-sûr c’est marqué nul part. Une dame qui travaille à la gare m’a tout arrangé; mon russe ne doit pas être si mauvais, elle a, à ma grande surprise compris toutes mes explications pourtant bancales. Ils sont tops ces russes !

Arrivée à 19h à Lovozero, capitale des Samis de Russie. La proprio de la maison d’hôtes n’est pas là, mais un trentenaire russe également en voyage m’ouvre la porte. Les probabilités de rencontrer quelqu’un avec le même enthousiasme que soit pour des destinations « peu communes » sont en général quasi nulles et pourtant ! Mon coloc d’un soir me raconte sa visite de la veille, à Sévéromorsk, le QG de la flotte de la marine russe en mer du Nord et ville ZATO fermée même pour les russes. Je rajoute ça sur ma bucket-list !

Jour 19 : Lovozero, capitale des Samis de Russie

« Capitale » est un bien grand mot, c’est une petit ville ou plutôt même un gros village selon les standards russes. C’est vide. On croise peu de monde dans les rues, les gamins courent sur la route puisqu’il n’y a pas de voiture, les chiens se baladent seuls, pourtant quelques trucs dénotent du paysage d’une ville de province classique : des statues de rennes, quelques bâtiments en formes de tchoum, un arrêts de bus en forme de tchoum, un file à linge communautaire en bas des immeubles soviétiques au couleur du drapeau Sami et en forme de bois de rennes … des petits détails ça et là qui donnent des indices.

Il est trop tard dans la saison pour randonner jusqu’au lac sacré des Samis, le Seidozero (Seidi = les gros caillou à 3 pattes – Ozero = lac en russe), je me contente donc de l’unique musée Sami de Russie. Mon coloc de la veille m’accompagne, il est choqué de découvrir que je dois payer plus que lui mon billet d’entrée parce que je suis étrangère. Bien sûr aucun panneau n’est en anglais. Un peu déçue, le musée est 1/3 sur les Samis, 1/3 sur les Komis (je n’ai pas compris ce qu’ils faisaient là) et 1/3 sur les Samis/Komis en URSS … Je m’attendais à un truc un peu plus intéréssant.

Début d’après-midi, je pars en stop jusqu’à Mourmansk, la flemme d’attendre un éventuel bus qui va peut-être encore m’oublier. En 1 minute Yulia s’arrête. Maman de 4 garçons, elle va faire ses courses comme toutes les semaines à Mourmansk, à 160 kms de là : « j’ai toujours vécue ici, j’aime les grands espaces, ça ne me dérange pas d’être loin de tout, en été on va faire du camping avec les enfants, à Teriberka, Kirovsk ou Tersky. »

Jour 20 : Mourmansk, la plus grande ville au monde au dessus du cercle polaire.

Balade dans Mourmansk, ce week end c’est l’anniversaire de la ville, il y a pleins d’animations dans le centre, des stands de cuisine du Nord, des artistes de rues qui chantent les dernières chansons américaines à la mode, des concerts sur la place centrale. Il y a un périmètre de sécurité autour de chaque évènement, des policiers et des portiques de sécurité aux détecteurs de métaux avec des agents qui contrôllent les sacs. Si seulement la France prennait exemple sur la Russie en matière de sécurité !

Déjeuner dans un resto qui sert de la cuisine Pomor, l’hôtesse d’accueil est horrible, comme celle du resto d’hier. Parfois j’ai l’impression qu’en tant que femme en Russie, quand on débarque seule dans un resto un peu plus « haut de gamme » (où le plat est à partir de 1000₽ (10€)), c’est-à-dire sans homme prêt à faire flamber sa carte MIR pour nos beaux yeux, on est tout simplement mal reçu.

Balade dans la ville, les batiments sont ultra colorés pour éviter que les Mourmanskiens ne dépriment pendant nuits polaires, le musée brise-glace Lénine est fermé pour réparation (ou alors ils sont en train de le remettre en état pour l’ajouter à la flotte russe des brise-glaces à propulsion nucléaire, allez savoir!), les vues sur le port et le golfe de Kola depuis la statue Aliosha sont splendides ! Je suis bien contente d’être revenue ici hors nuits polaires, c’est beaucoup plus agréable.

Jour 21 : Tériberka, mon Graal !

Hier j’ai revu mon coloc d’un jour de Lovozero, il a loué un 4×4 UAZ Patriot (plus russe on fait pas!) pour aller jusqu’à Dalniyé Zélentsy, un village encore plus loin et plus pommé que Tériberka. Il me dépose aux croisements des routes en pleine toundra. Il y a des travaux sur la route de Tériberka depuis plusieurs mois, si bien qu’elle n’est ouverte de 40 minutes 4 fois par jour. Il faut donc arranger son voyage en fonction de ça; il y a bien un bus depuis Mourmansk, mais il part à 18h, quand il fait déjà nuit.

13h30, arrivée à Teriberka, mon Graal ! Ça fait des années que je rêve de ce village Pomor du bout du monde, pas pour le village lui même, puisqu’on est loin des jolies maisons rouges norvégiennes aux airs decarte postale mais pour le parc national au bord de la mer de Barents : océan Arctique + toundra = un paysage Arctique de malade !

C’est brut, c’est froid, il y a peu de végétation, les seuls oiseaux présents sont des mouettes XXL, il n’y a pas vraiment d’insectes puisqu’il fait déjà trop froid pour les moustiques apparemment nombreux en été. Température extérieure 1°C, température ressentie -6°C. Le vent est glacial, on ne sent même pas les embruns de la mer. Tout simplement WAOUH.

Fun fact : les touristes ici semblent exclusivement russes et chinois. Il y a des couples chinois absolument partout. Un mythe dans l’Empire du milieu dit que si un bébé est conçu sous les aurores boréales ce sera forcément un garçon en excellent santé. Les chinois font donc des milliers de kilomètres pour s’envoyer en l’air sous un phénomène astronomique incroyable. Le romantisme à la chinoise 2.0.

Jour 22 : Tériberka, le village

Il y a 2 villages à Tériberka : Lodeynoé, le « nouveau » Tériberka et Stary Tériberka, le vieux village originel situé dans la baie. J’ai dormi dans l’unique auberge du coin, situé dans le nouveau village soviétique, l’endroit est tellement pourri que je ne veux pas rester une nuit de plus.

Je me fais un petit déj avec vue sur la mer, miracle, il n’y a pas de vent, je me chauffe au soleil en buvant mon café soluble. Balade dans le vieux village de Tériberka et c’est le bordel : la moitié des routes ne sont pas goudronnées, tout le monde construit ce qu’il veut, comme il veut, les hôtels bloquent presque l’accès à la plage, les poubelles, les vieux véhicules et carcasses de bateaux s’entassent là … Tériberka est une destination à la mode en Russie depuis le film Lévithian, le village accueille même le « festival Teriberka » tous les étés, avec 15 000 participants en 2023. Ils mettent vraiment la charrue avant les boeufs à mon avis.

Jour 23 : Dernier jour dans l’Arctique

Un dernier café avec mon nouveau pote de Lovozero pour se raconter nos derniers jours, lui à Dalnyié Zélentsy et moi à Tériberka. Je regrette un peu de ne pas être allé avec lui comme il me l’avait proposé. Mon visa est trop court, ça m’emm*rde.

Je prends mon train en fin de journée direction Saint Pétersbourg. Mon wagon commun de 3ème classe est rempli de jeunes hommes qui font leur service militaire. Je suis entourée de soldats en uniformes. J’ai bien fait de ne pas emporter ma marinière !

L’un d’eux drague l’une des 2 jeunes nanas du wagons (le reste, c’est des baboushkas). Il lui offre une boîte de ration en disant « de la part de l’armée russe ». Le romantisme russe en 2024. Il s’est pris un vent, elle a préféré glousser avec sa pote que de lui filer son numéro; ses potes à lui n’ont pas rigolé. Un vrai feuilleton ce trajet en train.

Quand à moi je me taie, si l’un d’eux découvre que je suis étrangère je vais avoir le régiment entier sur ma couchette. Le supérieur trentenaire me laisse passer avec son plus beau sourire, je réponds uniquement d’un signe de tête.

Jour 24 : Le train

Je passe la journée entière dans le train, je dors, je mange, je lis, je re-mange, je re-dors. J’aurais dû acheter plus de soukhariki et chocolat.

La provodnitsa est une vraie c*nne. C’est rare mais ça arrive. Le paysage défile à la fenêtre, les arbres grandissent et deviennent de plus en plus vert et feuillu, on passe de la fin au début d’automne en 1400 kms. Les saisons à l’envers.

22h, j’arrive à Saint Pétersbourg, bruit et bouchons de partout. Ça fait un petit choc après le calme de plusieurs semaines dans la taïga et toundra du Nord.

J’ai l’impression d’être encore dans le train alors que mon lit est parfaitement statique.

Jour 25 : FSB & Vyborg

Quand le FSB ne vient pas me trouver, c’est moi qui vais les chercher; J’ai demandé un permis frontière pour pouvoir dormir à Ivangorod, visiter le château et passer la frontière le lendemain. À 10h je sonne au bureau du FSB de la région de Léningrad : « votre permis sera prêt mardi » – « pardon? mais je l’ai demandé il y a 2 mois et mon visa se fini mercredi, je ne peux pas être ici et là bas en même temps! ».

Résultat : pas de permis,. Je pars tout de même visiter Vyborg, la plus scandinave ville de Russie. Je me réconforte en mangeant un Krendel à la cannelle. Ça sent bon le Bretzel sucré dans les vieilles rues pavés de l’ancienne Viipuri finlandaise.

Les prix d’entrée au château de Vyborg sont excessifs pour les étrangers (+2000₽ vs 600₽ pour les locaux), j’achète un billet pour visiter le territoire du château uniquement, je me fais la réduction locale moi même demandant un billet avec mon plus bel accent. La dame de la kassa n’y a vu que du feu.

Jours 26, 27 : Week-end Pétersbourgeois avec ma moscovite préférée.

Midi à la gare de Moskovsky, je vais chercher mon amie de longue date qui vient de Moscou, on passe le week-end ensemble : concert, restos, musée, visite guidée dans l’ancienne Léningrad et fous rires. Un week end au top où j’ai dépenser beaucoup trop de cash. Ça va être limite pour finir les derniers jours.

Jour 28 : Direction Pskov

Je change mon programme initial qui était de traverser la frontière à Ivangorod et de repartir depuis Tallinn. Je décide de ne pas échanger mes derniers euros et de faire avec mes derniers 1700 roubles. 600₽ pour un train jusqu’à Novgorod, je rejoins ensuite Pskov en stop. Quelle journée, j’ai rencontré des gens fabuleux dont Sergeï « tu diras bonjour à la France ! » et Vladirmir « mais pas Poutine hein! » qui a tenu à me faire visiter le Kremlin de Pskov, m’offrir une cloche en souvenir et me déposer pile devant mon auberge.

J’aime pimenter m’a vie en la rendant plus compliqué que nécéssaire, une question/idée me traverse donc l’esprit avant de m’endormir : « est-ce possible de traverser l’Europe en achetant des billets de bus directement à la gare à la dernière minute? ». Voilà donc mon plan voyage pour les prochains jours. Je n’ai aucune envie d’être transporter en 2h d’avion à la réalité, l’actualité et au pessismisme de mes compatriotes. En Russie j’ai l’esprit tranquille.

Dernier coup d’oeil à mes emails : j’ai reçu à 19h un mail du FSB qui disait « Votre permis pour Ivangorod est prêt » …

Jour 29 : Dernier jour; la frontière

Une russe adorable me dépose au check-point de la frontière de Shoumilkino, au milieu de la fôret après m’avoir donné un bolotchka à la pomme (genre de petit pain fourré). M*rde, j’avais pas prévu d’être à 10 bornes de la vraie frontière.

Le soldat contrôle mon passeport et s’excuse d’avance car il ne peut pas demander aux véhicules de m’emmener; pas de soucis monsieur, je le ferais moi même. Une voiture arrive, un couple de quinquagénaires; Lui bonne pâte, elle horrible : « Niet! ». Il ne dit rien, sort de la voiture pour me faire de la place à l’arrière. Je retente une fois en route « Est-ce que je peux traverser la frontière avec vous? » une fois de plus lui ne réponds pas et elle me dit d’un ton sec « Niet. ». Ce marriage est-il consentant ou Mr Muet est là contre sa volonté ? Je remercie le mari et traverse la frontière semi-déserte à pieds.

Madame du FSB me demande « vous avez été où? » moi « à Saint Pétersbourg ». Sa question n’est pas très précise, ma réponse non plus.

Il est midi, un septuagénaire létton nommé Vilnius m’emmène sur 25 kilomètres; il aime autant la Russie que moi, il vient de rendre visite à des amis qu’il connaît depuis son service militaire pendant l’URSS.

Second véhicule, mon chauffeur se prénome Dags. Alors que je voulais simplement qu’il me dépose à Riga n’importe où ça l’arrangez le mieux, il me dit « t’inquiète pas, tu seras à la gare routière de Riga à 16h maximum ». Il m’a acheté 1 gateau létton au fromage blanc « pour tout de suite » et 3 autres « pour le bus jusqu’à Varsovie ». Voilà pourquoi j’aime autant le stop, les gens se plient en 4 pour moi alors que je veux juste qu’ils m’emmène là où ils vont.

À 16h30 je mange mon gateau à la gare routière de Riga, mon billet de bus pour Varsovie en main. Il faut payer 0.40€ pour aller aux toilettes en Léttonie, pas de doute, on est en Europe.

Jours 30 et 31 : De Riga à Paris en bus

Ce qui est bien avec les bus c’est qu’ils sont générallement à l’heure et qu’on voit la route. Je trouve curieux que la plupart des passagers du bus soient russophones …

On traverse le Corridor de Suwalki en pleine nuit; Ça fait 2 ans que les médias occidentaux nous bourrent le crâne avec ce corridor invisible que peu de gens peuvent placer sur la carte. Ils y font des travaux, la route est défoncée : c’est des aménagements anti chars russes/biélorusses ? Parce que là ça va être compliqué de faire traverser les forces de l’OTAN vu l’état de la chaussée.

Tôt le matin, arrivée à Varsovie, je prends un billet Flixbus pour Paris, départ dans 3h, j’achète un café, un sandwich et l’accès aux toilettes avec mes derniers Złotis. Je découvre que Varsovie est le nouveau Kiev, tous ces russophones autour de moi sont en fait ukrainiens. Et moi qui croyais qu’on était frière de parler ukrainien en Ukraine.

Contrôle surprise à la frontière allemande. Je n’ai pas regardé les infos occidentales depuis 1 mois, et découvre que les allemands on remis les contrôle aux frontières. La France va-t-elle encore une fois « suivre le model allemand » ? Y’en a plus d’un qui flippe dans les bus, j’entends à plusieurs reprises « schengen visa, expiry date, residency permit« . Moi et mon passeport européen avons droit à un simple coup d’oeil et « Danke » de la part du beau flic allemand.

Frontière française, pas de contrôle mais un gros coup de klaxon du chauffeur qui gueule en polonais. Bon retour au pays.


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